L'origine des ascenseurs hydrauliques du canal du Centre tient de la question suivante :
"Comment faire franchir la crête de partage entre le bassin de la Meuse et celui de l'Escaut par des bateaux chargés de centaines de tonnes ?"
Ce besoin de relier les deux bassins, émane surtout des industries et tout particulièrement des charbonnages qui trouvent dans cette liaison le moyen de réduire, non seulement le coût du transport
du charbon mais également les délais de livraison.
Mais la tâche est gigantesque. Pour passer d'un bassin à l'autre, les bateaux doivent franchir la crête de partage dont le sommet est à plus de 120 mètres au-dessus du niveau de la mer.
La dénivellation de près de 90 mètres entre Mons et Houdeng-Goegnies nécessite la construction de plus d'une trentaine d'écluses dont 17 sur les 7 kilomètres entre Thieu et Houdeng.
Cette solution ne sera pas retenue car les écluses sont grandes consommatrices d'eau et le temps de franchissement de cette série d'écluses ne correspond pas au besoin des industries.
Alors s'écrie Hector GENARD, Directeur des Ponts et Chaussées de l'époque :
"Si les bateaux ne peuvent monter cet escalier de 17 écluses, qu'ils prennent l'ascenseur !".
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Comment ça marche ?
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Le rôle d'un ascenseur hydraulique, est de racheter une différence de niveau entre le bief amont d'un canal et le bief aval.
Dans le cas du canal du Centre, les quatre ascenseurs ont donc pour but de franchir entre Houdeng-Goegnies et Thieu, une dénivellation de 66,197m.
Leur fonctionnement est identique à celui d'une balance de cuisine.
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| Tableau comparatif |
| Ascenseur hydraulique |
Chute |
| Asc.1 à Houdeng-Goegnies. |
15,400m |
| Asc.2 à Houdeng-Aimeries. |
16,934m |
| Asc.3 à Bracquegnies. |
16,933m |
| Asc.4 à Thieu. |
16,933m |
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Marche à vide
Les deux bassins sont remplis d'eau sur une hauteur de 2,40 m. Ils ont alors le même poids (975 tonnes chacun).
Si nous ouvrons maintenant la vanne de communication qui se trouve entre les deux presses, les bassins vont s'équilibrer à mi-hauteur comme une balance ménagère.
Introduisons dans le bassin amont une surcharge d'eau d'une hauteur de 30 cm, ce qui correspond à 74 tonnes.
Le bassin supérieur pèse maintenant avec ses 2,70 m d'eau 1049 tonnes et le bassin inférieur avec ses 2,40 m d'eau 975 tonnes.
Quand le mécanicien ouvrira la vanne centrale, le bassin en amont qui est plus lourd descendra alors jusqu'au niveau du canal en aval et le bassin qui se trouve en aval (avec 2,40 m d'eau) montera jusqu'au niveau du canal en amont.
Marche avec bateau
Avant l'entrée ou la sortie d'un bateau dans un bassin, il faut effectuer une jonction étanche entre le bassin et le canal aval ou amont correspondant.
Cette jonction est établie au moyen d'un soufflet identique au soufflet qui réunit les wagons des trains internationaux.
En pénétrant dans le bassin, le bateau chasse une quantité d'eau égale à son poids (Principe d'Archimède). Le poids du bassin ne change donc pas.
Conséquence : la marche d'un ascenseur hydraulique avec un ou deux bateaux est identique à la marche à vide.
Après le passage du bateau, on referme les portes et la disjonction avec le canal est réalisée.
Les deux presses reliées par une tuyauterie sont mises en communication (Principe des vases communicants). Cette opération est réalisée en manoeuvrant la vanne placée sur la tuyauterie et commandée
depuis le poste central. Le bac descendant est arrêté 30 cm plus bas que le niveau du canal amont pour prendre une surcharge d'eau de 30 cm. La surcharge est introduite en levant légèrement les portes.
Le bac montant, est arrêté 30 cm plus haut que le niveau du canal aval pour perdre sa surcharge.
Maintenant le balancement des bacs commence. Le bac supérieur plus lourd (74 tonnes de surcharge) que le bac inférieur descend et fait monter l'autre bac.
Lorsque le niveau d'eau du bassin est au même niveau que le canal, le balancement est arrêté. L'opération suivante consiste à effectuer une nouvelle jonction entre le bassin et le canal, lever les portes et laisser sortir le bateau.
Coupe transversale -
Translation d'une péniche (animation)
| Durée de la manoeuvre |
| La colonne de droite indique en minutes et en secondes la durée des différentes phases de la manoeuvre. |
| Jonction, accrochage des portes, remplissage de l'espace entre les portes. |
1 min 30 s |
| Levée des portes et verrouillage, y compris l'introduction de la surcharge motrice. |
2 min |
| Entrée du bateau dans le sas. |
5 à 9 min |
| Effacement des verrous, descente des portes, disjonction, évacuation de l'eau entre les portes. |
2 min |
| Balancement des sas. |
4 min 30 s |
| Jonction, accrochage des portes, remplissage de l'espace entre les portes. |
1 min 30 s |
| Levée des portes et verrouillage, y compris l'évacuation de la surcharge. |
2 min 15 s |
| Sortie du bateau. |
5 à 8 min |
| Effacement des verrous, descente des portes, disjonction. |
1 min |
| Temps total moyen de la manoeuvre. |
28 min |
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A propos des ascenseurs
M. Victor Delattre, ancien secrétaire communal de Houdeng-Goegnies, disait avec raison, dans un article relatif aux ascenseurs du canal du Centre :
" On s'extasie devant le génie de l'homme qui a élaboré le projet de cette gigantesque machine, espèce de géant de fer, marchant lentement mais avec exactitude, sans l'aide de la vapeur ou de l'électricité,
rien que par l'application des principes élémentaires de physique ".
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Les gestionnaires
Le canal du Centre, ses ouvrages d'art et ses dépendances sont placés sous l'autorité de la Direction générale des Voies hydrauliques (D.G. 2) du Ministère wallon de l'Equipement et des Transports.
Au sein de la Division du Bassin de l'Escaut (I.G. 22), la Direction des Voies hydrauliques de Mons (D. 221) s'occupe par l'intermédiaire du district (D. 221-2) de la gestion et de l'entretien du canal du Centre historique.
Au sein de la Division de l'Exploitation (I.G. 25), la direction de la Navigation (D. 251) assure, par l'intermédiaire du district de la navigation (D. 251-8), l'organisation de la manoeuvre des ouvrages.
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