Les ponts
 

Parmi les ouvrages d'art existant sur le canal du Centre à 300 tonnes, on trouve encore de nos jours huit ponts. La construction de deux de ces ponts remonte à l'origine du canal. En se promenant le long de la rive droite, on peut se rendre compte que le canal connu l'existence de deux autres ponts. Malheureusement, l'un fut détruit lors des grèves de 1961, pour le second, il ne reste plus que les vestiges. Il s'agit d'un pont de chemin de fer des charbonnages.

Ces ponts sont répartis en deux catégories :
  • Les ponts fixes.
  • Les ponts mobiles.
On distingue deux types de ponts mobiles :
  • Les ponts-levis.
  • Les ponts tournants.

Les ponts fixes

Les ponts fixes sont au nombre de quatre :
le Pont Capitte, le Pont Rouge, le Pont du Croquet et le Pont de la Chaussée de Bois-Du-Luc. Ces deux derniers sont d'origine.

Ancien pont de chemin de fer de la ligne Erquelinnes-Ecaussines - Dessin réalisé par Marcel Herman Ancien pont de chemin de fer de la ligne Erquelinnes-Ecaussines.
Dessin réalisé par l'artiste Houdinois Marcel Herman en 1981

© MARCEL HERMAN - 1981

Photos des ponts fixes

Le Pont Capitte n'a pas toujours été un pont fixe. En effet, a son origine il s'agissait d'un pont tournant doublé d'une passerelle "Piétonnière". Mais suite à des inconvénients de circulation routière, il sera transformé en pont fixe dans les années 1930. Le tablier a été restauré en 1986.

Le Pont du Croquet a été construit pont fixe tout comme le Pont de la Chaussée de Bois-Du-Luc. Leur construction remonte à l'origine du canal.

Le tirant d'air
Le passage d'un bateau en dessous d'un pont fixe pose parfois des problèmes aux bateliers.
La hauteur libre d'un pont fixe sur la voie d'eau, conditionne le tirant d'air nécessaire aux bateaux pouvant franchir ce pont.

Le Pont du Croquet, par exemple, a une hauteur libre de 4,15m qui fixe le tirant d'air des bateaux à 3,85m , ce qui en fait le pont le plus bas du canal du Centre. Les "marquises" (cabines de pilotage) des péniches en allège (vide) doivent êtres démontées pour pouvoir franchir ce pont. Le mouillage maximum du canal est de 2,40 m et le tirant d'eau (enfoncement) maximum autorisé des bateaux est de 1,90m.

Les portes de garde
La situation géographique des ponts le long du canal n'est pas l'effet du hasard.
Leur construction nécessite un rétrécissement du canal. Ces portes de garde sont donc construites là où le canal est le plus étroit c'est à dire sur ponts dits "barragé". Les portes de garde peuvent êtres fermées en cas d'avarie à l'ascenseur par exemple et ce afin d'éviter d'inonder les villages situés en aval du canal.
Le Pont du Croquet, le Pont fixe de la Chaussée de Bois-Du-Luc et le Pont-levis de Thieu sont les trois ponts "barragés" situés sur le canal du Centre. La construction de ces ponts barragés date de 1891.

Photo d'un vantail au pied du pont-levis de Thieu Le pont-levis de Thieu est muni d'une porte de garde qui sert à protéger l'ascenseur no 4.
Ici, le robuste vantail en chêne est démonté et exposé sur la rive.

La ventelle (dans le bas à droite) est l'ouverture pratiquée dans le vantail pour permettre un passage contrôlé de l'eau.

Vantail au pied du pont-levis de Thieu
© MICHEL MAIGRE - OCTOBRE 1998


Les ponts mobiles

Le canal du Centre à 300 tonnes compte dans sa partie en activité quatre ponts mobiles, tous d'origine :

  • 2 ponts-levis : l'un se trouve à Strépy-Bracquegnies et l'autre à Thieu.
  • 2 ponts tournants : l'un situé à Houdeng-Aimeries et l'autre à Strépy-Bracquegnies.
La construction d'un pont-levis étant moins coûteuse que celle d'un pont tournant, pourquoi ne pas avoir construit quatre ponts-levis me direz-vous ?
Simplement pour une question de sécurité ! Si les ponts-levis sont construits sur une partie rectiligne du canal et sont à simple passe navigable, les ponts tournants sont réservés pour les endroits où la visibilité est réduite et comportent deux passes navigables. Là où le tracé sinueux du canal empêche deux bateaux de se voir. Les bateaux ne pouvant freiner sur de courtes distances. Les ponts-levis permettent donc le passage d'une seule péniche à la fois alors que les ponts tournants permettent à deux péniches de se croiser tout en franchissant le pont.

Un pont-levis, comment ça marche ?

Un pont-levis est un exemple parfait d'équilibre permanent. Pour ouvrir le pont, on déplace son centre de gravité. A l'origine, l'ouverture du pont se faisait en tirant sur une chaîne fixée au balancier, au bout de laquelle se pendait le pontier. Le poids du pontier suspendu à la chaîne permettait d'entamer la manoeuvre d'ouverture.

Treuil manuel du pont-levis de Thieu
Treuil manuel du pont-levis de Thieu
© MICHEL MAIGRE - OCTOBRE 1998
Pont-levis de Thieu datant de 1891
Pont-levis de Thieu datant de 1891
© MICHEL MAIGRE - OCTOBRE 1998

Aujourd'hui, un treuil manuel remplace la chaîne, ce qui facilite considérablement le travail de l'opérateur. Le tablier est équilibré par les contrepoids logés à l'intérieur des caissons placés au sommet de chacun des portiques, là où on peut lire la date. Les contrepoids pesant 7,5 tonnes. Le pont-levis de Strépy-Bracquegnies et celui de Thieu sont parmi les derniers exemplaires encore en fonctionnement en Wallonie.


Un pont tournant, comment ça marche ?

La manoeuvre du pont est réalisée par la rotation du tablier autour de l'axe vertical central.
Pour ce faire, le pontier actionne à l'aide d'une manivelle un petit pignon qui se meut autour d'une couronne fixe. Dès que le pont est mis en mouvement, il repose exclusivement sur la "lentille" centrale, sorte de chemin de roulement en bronze. Le pont en cours de rotation est un exemple étonnant d'équilibre. La seule présence de quelques personnes sur une de ses extrémités pourrait le déstabiliser. L'estacade en bois le protège de tout choc avec une péniche qui effectuerait une manoeuvre malencontreuse.

Pont tournant à Houdeng-Aimeries
Le pont tournant de Houdeng-Aimeries.
Un bel exemple d'équilibre.
© MICHEL MAIGRE - AOUT 2001
Lentille du pont tournant de Bracquegnies
Lentille du pont tournant de Bracquegnies
© MICHEL MAIGRE - OCTOBRE 1998

Le métier de pontier

Le pontier a en charge la conduite du pont mobile. Il a aussi la responsabilité de la maison pontière qu'il occupe et des travaux d'entretiens. Le pontier est connu de tous car le pont est un passage obligé pour accéder à l'autre rive ou simplement un lieu de promenade. Le pontier le plus connu est sans aucun doute Léandre Cambier. En 1921, il est le premier pontier nommé au pont-levis de Bracquegnies. Ci-dessous, la maison où il a vécu.

Maison pontière du pont-levis de Bracquegnies MAISON PONTIERE DU PONT-LEVIS DE STREPY-BRACQUEGNIES
© MICHEL MAIGRE - OCTOBRE 1998

Passerelle piétonnière

La construction d'un canal modifie sérieusement la physionomie du village dans lequel il passe.
Il occasionne également une rupture de contact entre les riverains des deux rives. Les ponts mobiles rétablissent ce lien. Mais celui-ci est de nouveau interrompu lors du passage d'un bateau. C'est pourquoi de nombreuses pétitions furent organisées par les habitants afin d'obtenir la construction de passerelles pour piétons. La seule passerelle piétonnière sur le canal historique est celle de Strépy-Bracquegnies.

 
Les informations de base ont été fournies par la Direction Générale des Voies Hydrauliques.